jeudi 31 juillet 2008
New Born ;) ( 30 Juillet )
J'ai Rêvé d'Un Autre Monde
Number 10 : Les téléboutiques. Plus humaines, plus conviviales et moins venteuses que de simples cabines téléphoniques, la téléboutique est au Maroc ce les Avenues Charles de Gaulle sont à la France, un vrai symbole ! A tous les coins de rue, le petit téléphone bleu clignotant, vous indique que vous pouvez téléphoner pour moins cher qu’à partir de votre portable, et que le gars à l’intérieur peut aussi vous faire de la monnaie ( et c’est souvent TRES utile ! ). Celle d’en bas est particulièrement accueillante : c’est son proprio qui m’a aidé à mettre la puce Maroc Telecom dans mon portable, et qui me dit bonjour tous les jours quand je descends. Spéciale dédicace !
lundi 28 juillet 2008
I Bet You Look Good On The Dancefloor
Pour ça, il existe une autre adresse, devenue mythique ( en tous cas pour moi ), et qui fait parti, de loin, de mes endroits préférés de Casa. Charia oblige donc, ce n’est pas marocain, mais espagnol : la Bodega, juste derrière le Golden Tulipe ( l’hôtel qui a explosé en 2003 ). On a beau ne pas être sur la corniche, l’endroit est sensible, et la présence policière renforcée. Ca n’empêche qu’il reste un endroit super sympa, où on peut manger un morceau, boire un verre ou danser un peu ( un peu, car ils ne passent pas les Daft Punk).
Le resto, à lui tout seul, vaut le détour : il n’est franchement pas « onéreux », et sert des trucs que je n’ai jamais mangé ( mais qui dans la plupart des cas, ne sont pas marocains ). J’opte généralement pour les croquettes de poulet, et me gave d’olives et de pain avant même d’être assis. L’ambiance est un peu tamisée, et dans les 4 coins de la pièce, des écrans plats passent en boucle des images un peu psychédéliques qui aident à la digestion, et auxquels on reste généralement scotchés. Ca ne parle que français, espagnol ou anglais, et dans la plupart des cas, les gens sont cools.
Vendredi soir par exemple, je suis tombé sur un gars juste à coté de moi que j’entendais parler anglais. Dans l’espoir d’établir le contact avec un sujet de Sa Majesté, je lui lance un « hi », mélange de « salut-bienvenu-ahh, t’es anglais-j’aime bien l’Angleterre » (évidemment, je me suis assuré avant que mon « hi » ne pouvait pas être interprété autrement). Manque de bol, le gars me répond en français ( normal, il est français ), et m’explique qu’il travaille dans l’aviation d’affaire et que son collègue ( qui à l’air d’un californien qui revient de la plage ), est italien. Ils reviennent de Beytouth, et repartent en Russie le lendemain, ça à l’air assez cool comme métier, surtout quand ta boite te paye les 3 cocktails que tu es en train de siroter… On discute quelques minutes, puis je lui demande qui il transporte en général, dans ses avions dont il me fait comprendre que je ne verrai jamais la couleur, même en rêve… « Ahh ben ça dépend, des acteurs, des industriels… ». « Des politiques ? » ( je vais peut être dénicher le nouveau scandale politico financier de l’année, la question d’après étant « qui paye les billets d’avion ? » ). Et là, le gars me répond, sans broncher, sans même un petit sourire en coin que je n’aurais pas pu cacher, « Oui, Tony Blair ». Tony Blair ! La grande classe, ce mec a eu entre les mains la vie de l’homme que je vénère autant que les marocains vénèrent le roi… Bodega c’était bien, à cet instant précis, ça devient extraordinaire.
Ce gars en question n’y est pas la seule attraction : j’ai parlé du resto au rez-de-chaussée, mais pas du bar au sous sol, dont le plafond est tapissé de drapeaux, et les murs d’affiches de concert ( on dirait ma chambre..). La musique y est vraiment pas mal ( j’ai envie de dire que quand on écoute radio2M toute la journée, tout devient vraiment pas mal, mais là, c’est VRAIMENT pas mal ), en particulier le jeudi soir où ils ne passent qu’une seule fois Magic System. Oui, c’est l’autre inconvénient de la musique au Maroc : quand on aime bien quelque chose, on le repasse jusqu’à s’en lasser, et des fois ça vient très vite ! Il y a principalement deux radio musicales au Maroc : HitRadio (« Numéro 1 au Maroc ) et Radio2M (« Numéro 1 au Maroc pour les hits », la différence est très subtile mais elle existe ! ), dont les programmations sont exactement les mêmes à 6 minutes d’intervalle. Magic System succède à Laurent Wolf, qui succède à David Vandetta (pis de sol-férino-pharyngite…… ;) ), qui succède à la pub, qui succède à Magic System…
Ce qu’il y a d’original à Bodega, c’est qu’en plus de la musique, un gars joue du tam tam, et la rend du coup un peu plus exotique. C’est parfois assez bluffant, et souvent original. Et même que pour 30 dh, il vient jouer à côté de votre table ! Enfin une table, quand on arrive à en trouver une, parce que du mercredi au vendredi, le gars au tam-tam fait tellement fureur, que même l’entrée est une épreuve. Une fois à l’intérieur, il faut se frayer un chemin dans l’escalier qui mène au sous sol, en bas duquel des serveurs vous attendent avec de petits palm pour prendre la commande, un peu comme au Starbucks ! Je n’y passe pas ma vie, mais on y est allé assez souvent pour que le même serveur ( Nouredine en l’occurrence ), se précipite vers nous pour nous demander ce qu’on veut. Même quand on ne veut rien…
Bodega, c’est donc plus cool, moins décomplexé, moins exubérant que la corniche. Ca n’empêche qu’on peut y croiser des spécimens assez intéressants, parmi lesquels des clubbers parisiens qui n’ont pas compris qu’au Maroc, c’est pas la peine de faire d’UV , ou des gars un peu coincés qui se sont sentis obligés de sortir leur plus belle cravate.
Parlons un peu des clubbers parisiens, eux valent le détour ! C’était un mardi, et ils avaient consciencieusement choisi leur jour pour venir : le plus chaud de la semaine, en se disant qu’après une journée de plage, rien de mieux qu’une soirée dans un bar à la mode. Ils auraient aimé que la musique s’arrête à leur descente des marches, mais on est pas à Cannes. Du coup il faut frapper vite et fort : en 4 minutes, le dancefloor est monopolisé, la sangria qu’ils se sont fait offerte au bar s’invite sur les chemises des gens qui ont eu le malheur de s’approcher trop près. Bien sur, elle épargne leur slim noir, et leur chemise blanche ouverte jusqu’au 4ème bouton, simple histoire de dosage ! Mais ça, c’est le début. La suite c’est de l’impro totale, pour le plus grand bonheur de ceux qui vont devoir laver leurs T shirt au Tide ce soir : au bout d’un quart d’heure de chorée enflammée, la température s’élève, dangereusement. Des goutes commencent à perler sur leurs visages, Menen™ ne fait plus effet, Ben et Steven n’en peuvent plus, ils sont trempés. Survient la scène la plus drôle de la soirée : ne pouvant pas s’essuyer avec leurs chemises, ils demandent des serviettes au serveur et commencent à s’éponger le visage, toujours en plein milieu de la piste de danse. Comme ce n’est pas suffisant ( sans blagues ! ), ils ont une idée lumineuse, utiliser la serviette qui entoure une bouteille de vin posée à deux tables de là. Discrètement, ils se décalent vers la droite, et s’essuient comme si ils sortaient de la douche. C’était sans compter sur les propriétaires de ladite bouteille, qui n’apprécient pas trop que deux gars tout transpirants viennent s’éponger les cheveux à 30 cm d’eux. Humiliés, Ben et Steven leur rendent, et s’en vont en se faisant traiter de porcs… Et ici, croyez moi, se faire traiter de porc, c’est pas la classe !
Goodbye Stranger
Si j’avais pu prévoir la violence de la réponse, je me serais bien gardé de la poser. J’avais déjà remarqué, à l’aéroport notamment, à quel point le regard porté sur ces marocains de l’étranger ( les fameux « MRE » ), était teinté de curiosité, d’incompréhension et de méfiance. Mais à ce point, je ne l’aurais jamais imaginé. J’en ai pris conscience pour la première fois à la cantine, quand un gars très sympa s’est mis à discuter avec moi, de tout et de rien, et notamment de la manière dont sont perçus les émigrés. Fils d’un chauffeur de taxi, dont tous les frères et sœur ont réussi dans la vie, lui travaillant dans une banque, on ne peut donc pas l’accuser de jalousie. Il n’attaque pas les marocains partis en France pour travailler ( les premiers, dans les années 50 et 60 ), mais leurs enfants, qui « n’ont jamais fait l’effort de s’intégrer là bas et qui reviennent ici en été pour étaler leur argent ». Et ça, c’est pour le plus soft. Il m’explique que les émigrés « de la troisième génération » n’ont plus aucun lien avec le Maroc, et que dans quelques années, ils ne pourront plus revenir parce qu’ils ne connaitront plus personne, ni les amis, ni les voisins, en plus ils ne parlent même pas un « vrai » arabe. Je réalise à ce moment là que les franco-marocains peinent encore plus à faire leur place ici, qu’en France. Il est tout à fait au courant que les conditions de vie « dans [nos] banlieues sont difficiles, mais pas plus que dans les bidonvilles qu’ici : ils ont tout ce qui leur faut, de l’argent, des voitures, l’école, et n’en sont pas reconnaissants. C’est honteux qu’ils sifflent la Marseillaise, c’est leur hymne quand même ! ». La fin de la conversation est encore plus explicite : il me dit très clairement que ce sont tous des « voleurs » et des « fumeurs de shit » qui viennent dépenser l’argent de la drogue pendant l’été « comme si c’était des rois »…
vendredi 25 juillet 2008
L'Appétit du Bonheur
Hot Fuss
Je n’en peux plus, cette fois c’est décidé, je vais au hammam ! J’ai dit ça toute la semaine, mais aujourd’hui, c’est le jour ou jamais ! Malgré tout ce qu’on m’en a dit, et malgré tout ce que je peux imaginer, la peur de « plonger » dans l’inconnu n’est pas grand-chose à côté du choc thermique, maintenant quotidien, de la douche à l’eau froide ! Pour ne pas risquer d’arriver dans l’endroit le plus glauque de Casa, j’avais demandé si les stagiaires avaient des bon plans pour touristes ! Direction donc le Hammam Ziani, qui par bonheur, ferme à 22 heures ! Comme on peut s’en douter, un mois de filet d’eau froide sur la tronche avaient éveillé en moi un espoir certain, celui d’un moment de détente sous la douche, et la sensation d’être enfin frais ( je ne dis pas « propre », parce que malgré tout, je le suis ! ).
Comme le fonctionnement du hammam m’est encore étranger, je re-demande 15 fois comment sa se passe, histoire de ne pas plonger dans de l’eau bouillante, ou de me rincer les pieds dans de l’huile essentiel ( on sait jamais, ça peut arriver ! ). Première bonne nouvelle, il a l’air d’être super clean, et le mec à l’accueil parle français ! A 100 dh le massage, on repassera, en revanche le gommage-savonnage ne coute que 20 dh, c’est parti ! Vêtu d’un magnifique pagne bleu ( et d’un maillot de bain, parce que je n’ai pas complètement confiance dans la petite ficelle censée le tenir…), j’entre donc dans le hammam.
Comme je pouvais m’y attendre, c’est moite, très moite ! Mauvaise nouvelle : je n’y suis pas encore en fait, ce n’est qu’un sas, ça veut dire qu’il fera encore plus chaud, youpi ! Je pousse une petite porte vitrée derrière laquelle j’entend un jet de vapeur sous pression, respire une derrière fois de l’air relativement frais, et je vais m’assoir le plus bas possible. En fait c’est très supportable une fois qu’on à réalisé que derrière la porte se trouvent des douches avec de l’eau fraiche. En moins de 30 secondes, je deviens tout rouge, et des petites gouttelettes me coulent le long du dos. Ca peut paraitre assez peu agréable, mais en fait ça l’est ! J’ai beau être dans l’état d’un gars qui vient de courir 20 km avec un sac sur le dos dans la forêt équatoriale, pour la première fois depuis longtemps, je me détends en pensant à cette douche qui m’attend… Les petites goutes se transforment en grosses gouttes, qui me coulent le long du front, dans le dos, partout. L’odeur d’eucalyptus me dégage les sinus, qui prennent cher chaque jour. Il fait 57 degrés au thermomètre, l’humidité doit approcher les 95 %, à peu près le temps qu’il devait faire chez Ingrid Bétancourt et ses amis… Tu m’étonnes qu’elle ne veuille plus y remettre les pieds !
Après 5 minutes, je ne tiens plus et je vais prendre une douche. Puis vient le moment du gommage… Je ne sais pas exactement ce que c’est mais je ne vais pas tarder à le savoir. En fait c’est assez simple : un gars avec un gant en crin te frotte jusqu’à ce que tu devienne tout rouge et que tu ai l’impression de respirer par le dos ( oui, c’est une sensation assez spéciale ! ). Les 30 premières secondes, tout se passe bien. Puis vient le douloureux moment des jambes, qui chez moi, sont recouvertes d’un petit coup de soleil. J’hurle dès qu’il commence à frotter, et tout le monde se met à rire ( enfin quand je dis « tout le monde », tout Casa ne m’a quand même pas accompagné au hammam ). Il finit donc en douceur, et me savonnent les bras, les jambes… et le dos. Le problème c’est que je suis installé sur un genre de planche, devenue glissante, TRES glissante. J’essaye de me retourner, et paf ! Ma jambe glisse et je me retrouve à moitié par terre, la main agrippée à une rampe qui par hasard se trouve là… Je décide de ne plus rien tenter d’excentrique, et retourne sous la douche, ou je reste au moins 25 minutes. On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve, alors autant en profiter !
Le hammam, c’est donc plutôt cool, et tout ça pour la modique somme de 55 dh ! Je me paye même le luxe de m’acheter une Fayrouz à la poire sur le chemin du retour, étant propre, mais complètement déshydraté !Brain Damage
Voila un mois que je suis ici, je commence logiquement à avoir mes petites habitudes, mes repères, mes reflexes. Le serveur du Mc Do sait que je viens pour finir ma collection de verres, le gars de la téléboutique d’en bas sait que je ne mange pas de bonbons à la fraise, celui de Pomme de Pain, que je préfère le sandwich aux rillettes de canard, et j’ai même droits à des réducs au pressing parce que je suis « gentil », la grande classe ! Rien de tel pour découvrir une ville que de n’avoir pas d’autres choix que l’explorer. On commence à devenir des pros dans ce domaine d’ailleurs !
J’ai vraiment pris conscience de tout ça quand m’assoir devant la télé pour voir ce qu’il s’y passe est devenu une habitude… En vacances, on a généralement le choix entre deux chaines : TV5 Monde pour regarder le JT de la RTBF, ou CNN. Dans le meilleur des cas, et c’est exceptionnel, on a aussi le choix entre France 4 ou BFMTV ( et qui dit « exceptionnel » dit « moments exceptionnels » devant Dominique de Villepin ou « Un gars une fille ». Moment, c’est bien le mot ( private joke pour Andélis ! ) ). Ici, c’est pas les paraboles qui manquent, mais n’ayant pas eu le temps ni l’envie d’aller acheter un décodeur piraté, la petite télé ne reçoit que 2M, la chaine publique marocaine, et pour notre plus grand plaisir ! 2M, c’est une vraie perle, un concentré du Maroc ultra moderne et ultra traditionnel, ce qui d’ailleurs, n’est pas toujours sans conséquences sur les capacités cérébrales du téléspectateur… Voici le top 10 de ce qu’il ne faut pas manquer sur 2M :
Number 10 : Le téléfilm mexicain doublé en arabe. C’est une tradition ici, les vieux téléfilms de merde, du type « Les feux de l’amour » ( dans sa version écourtée pour éviter les obscénités ), ou « Days of Our Lives », sont soit égyptiens, soit mexicains. Dans les deux cas, c’est pire que ridicule : en particulier les effets spéciaux, qui sont en fait des scènes tournées au ralenti. J’ai beau ne pas parler un mot d’arabe, généralement je comprends tout, et tout ça grâce à la petite musique dramatique qui signale les scènes clés ! Signe particulier : dans toutes ces scènes, il y a un gars qui ne sert à rien, personne ne sait si il était dans le champ au moment du tournage, ou si c’est un fil rouge au cours des épisodes, mais en tous cas il est là !
Number 9 : Les pubs pour les opérateurs téléphoniques. C’est un vrai matraquage, et il peut en avoir jusqu’à 10 par coupure publicitaire. Au Maroc, ils sont 3 ( Maroc Telecom, Meditel, et Wana ), et on les voit absolument partout, en particulier donc, à la tété. C’est tellement énervant, qu’on a envie de leur donner de l’argent rien que pour s’épargner les pubs débiles pour les 12 heures offertes par Méditel, le doublement du crédit de Maroc Telecom, ou le deuxième portable gratuit de Wana. Et je ne parle des soirées qu’ils organisent, encore moins de leurs tournées des plages…
Number 8 : Studio 2M. C’est la Star Ac marocaine, et ce week-end c’est la finale ! L’originalité de Studio 2M, c’est qu’en plus d’une quotidienne, et du prime ( ben oui, ici aussi ça marche comme ça ), c’est aussi une émission de radio ( Radio 2M, évidemment ), histoire de l’avoir en stéréo le samedi soir !
Number 7 : Les films américains censurés. 2M, c’est un peu le Canal+ marocain, la seule chaine qui diffusent des films plus ou moins récents, et en majorité américains. J’ai déjà eu l’occasion de voir La Guerre des Mondes et pas mal d’autres. Curieusement ils sont tous plus courts que leurs versions originales. Pourquoi ? Parce que dès qu’un baiser dure un peu longtemps, couic ! Et d’ailleurs, que ce soit des films de Ben Styler ou d’Orlando Bloom, ils sont toujours interdits aux moins de 12 ans, par prévention ! Ici par exemple, la version 2M de Titanic dure 2h30, et Leonardo di Caprio et Kate Winsley sont cousins… Non, ça je déconne !
Number 6 : La pub pour la BMCE. Elle n’est pas forcement plus intelligente que les autres, mais les images sont plutôt belles, et surtout, j’adore la musique, « Where do We Go » de Sandrine. Celle qui rend joyeux et nostalgique à la fois ;)
Number 5 : le concours Pespi Tecktonik. Ca c’est énorme, et ça confirme, si on ne le savait pas encore, que la Tecktonik a bien traversé la Méditerranée. C’est un peu une Star Ac pour danseurs de tecktonik, avec tout le gel, le noir et le rose qui vont avec ! Pour Mehdi, votez 1, Amin votez 2, et Karim, votez 3. Pour ceux qui ne regardent pas la télé, et qui n’ont pas la chance de voir la petite chorée de 30 secondes à chaque page de pub, des petits camions Pepsi sillonnent tout Casa, histoire de rappeler à tout le monde que la danse du ventre a du souci à se faire…
Number 4 : L’Envoyé Special marocain. Alors ça, c’est vachement intéressant : les thèmes d’Envoyé Spécial, avec le ton de Capital ! J’en ai vu qu’un, mais qui m’a marqué. C’est là que j’ai appris que si la télé marocaine est très à cheval sur la censure dans les films, elle l’est en revanche beaucoup moins sur la pudeur dans ses émissions. Premier reportage : les pompiers. Et vas y que je te montre des corps calcinés, ou un cadavre tombé dans un égout. Deuxième reportage : les urgences. Cette fois, c’est un gars qui arrive sans ses pieds : il les a perdus après avoir arraché la main d’un second, qui convoitait la même femme que lui.
Number 3 : les reportages de National Geographic. Le matin sur 2M, c’est pédagogique, j’ai eu l’occasion de m’en rendre compte quand je n’avais pas encore commencé mon stage et que j’avais la belle vie. A 9h, c’est « C’est Pas Sorcier », puis à 9h30, un reportage du National Geographic de la BBC World. Le meilleur reportage animalier que je n’ai jamais vu, et je suis vachement sérieux ! C’est là que j’ai appris que le requin marteau était le seul animal, avec l’homme, qui bronze, que le flamant rose habite sur des lacs d’acide, ou que le plus grand ennemi du gnou, est le gnou… Vachement bien je vous dit !
Number 2 : Le journal télévisé. Très intéressant, car à la fois en arabe et en français. C’est l’occasion d’apprendre quelques mots tout en s’informant. Il faut savoir également que le JT est TOUJOURS optimiste, et que tout va TOUJOURS bien au Maroc. Il commence TOUJOURS de la même façon : « Sa majesté le Roi Mohammed VI a inauguré … ou Sa Majesté le Roi Mohammed VI a lancé le nouveau chantier de modernisation de… ». Jamais de mauvaise nouvelle, jamais de drame, jamais d’imprévu, c’est fort ! Tout le monde me fait remarquer, ceci dit, que Mohammed VI n’a rien à envier à notre président quant à sa présence médiatique. Et ils n’ont pas complètement tort !
Number 1 : La campagne de sensibilisation aux accidents de la route. C’est pas du superflu ici, où c’est la loi du plus fort qui fait office de code de la route ! En un mois, je me suis pris une mobylette sur les genoux, on a failli écraser une dame qui traversait, et se prendre un mouton qui marchait sur la bande d’arrêt d’urgence… J’ai été bluffé par le spot de pub qui passe depuis peu après le journal. La mise en scène est plutôt bien faite : des conducteurs enfilent une cagoule, et foncent vers des piétons qui traversent, ou sont assis à une terrasse de café, le tout au ralenti et avec de la musique qui fout les boules. « Vous venez de voir 10 homicides causés par des conducteurs imprudents ou inconscients. 10, c’est le nombre de tués chaque jour sur les routes au Maroc ». Un seul problème : c’est pas parce qu’on a une voiture qu’on a la télé…