jeudi 31 juillet 2008

New Born ;) ( 30 Juillet )

Le mot du jour sera pour Sa Majesté le Roi, grâce à laquelle j’ai pu aujourd’hui, faire la grâce matinée, mais pas seulement, hey hey ;)
Et oui, aujourd’hui ( enfin hier…), c’était la Fête du Trône, qui commémore ( ou fête, c’est au choix ! ), le jour de l’accession au trône de M6. Et évidemment, c’est férié ! Impossible de passer à côté, tout Casa ne vit que pour ça depuis une semaine, l’Avenue Hassan II a été couverte de drapeaux ( dont les couleurs me rappellent étrangement Noel !) ), de portraits, et de policiers. Ce matin j’ai même découvert que les bus, eux aussi, arboraient de petits drapeaux rouge et vert, c’est mignon !

Je décide donc de rentabiliser ma journée, c’est pas tous les jours qu’on peut se prendre une journée libre aux frais du roi ! J’ai deux missions ce matin : trouver des cartes postales, car je commence vraiment à me dire que ça n’existe pas à Casa, et trouver une agence Emirates, ouverte en ce jour particulier. Je m’offre juste un petit déjeuner à la terrasse de l’Alexandrin ( un café français à deux pas du Twin Center ), un café et un croissant en plein soleil, la grande classe ! Le serveur m’a l’air sympa, du coup je lui demande si il peut m’aider dans la réalisation de mes deux missions du jour. Carte Postales + Emirates… « Mais pourquoi, vous voulez déjà nous quitter ? » Non non, juste aller voir Ma à l’autre bout du monde ! Au passage, il vient de me faire réaliser qu’effectivement, dans à peine 20 jours je serai parti… Dans 20 jours, tous ces repères, ces habitudes, disparaitront derrière le détroit de Gibraltar, et j’en retrouverai d’autres, que je quitterai à nouveau, etc etc. C’est ça quand on vit dans un monde globalisé !

Revenons-en à l’essentiel : pour les cartes postales, il faudra repasser, il ne sait pas où on en vend. Pour Emirates, c’est au 140, « three blocs away » ! Je me dirige donc vers le 140 bd Zerktouni, juste au pied du Twin Center. Mais il y a un problème : le 140 n’existe pas. Il y a bien le 138, il y a bien le 142 aussi, mais pas de 140 en vue ! Il est 11heures, et il fait pas loin de 40°C. J’irai chercher le 140 en compagnie de ma casquette ! Puis ne perdant pas de vue ma deuxième mission, je m’engouffre dans les ruelles derrière le Twin Center, un quartier rempli de snacks et de boutiques de chaussures, que des vendeurs de bigorneaux investissent à partir de 19heures. C’est pas compliqué quand même, je cherche des cartes postales, même moches et même de Marrakech, je m’en fous ! Il faut savoir que tous les vendeurs de journaux à qui j’en ai demandé se sont allégrement foutus de moi… Un peu comme si je cherchais un cybercafé en plein milieu de la Creuse. Puis la magie royale opère ( à moins que ce soit mon acharnement ) : je tombe sur une papeterie qui vend effectivement des cartes postales ! Je me rue dessus, et en prends 10 d’un coup !

Revigoré par ce succès, je décide de faire quelque chose que je n’ai pas encore faite depuis que je suis arrivé, à savoir mettre mes baskets et aller courir. Je sais, c’est complètement inconscient en plein mois de Juillet, à 12 heures, au Maroc. Mais quand on a un élan de motivation tel que celui là, on ne peut rien faire contre ! C’est parti donc, muni de mon MP3 et d’une bouteille de Coca, je me dirige vers le bord de mer, où le vent rend la chaleur supportable. Effectivement, elle l’est, je suis plutôt surpris ! Le seul problème, ce n’est pas le soleil, encore moins le vent, mais les gosses, qui quand ils me voient passer, se mettent à me courir après. Au début c’est marrant, après 500 mètres, ça devient fatiguant : je ne peux pas m’arrêter, pas ralentir, encore moins accélérer… C’est eux qui arrêtent au bout de 5 minutes, et je peux enfin souffler. C’était décidemment une mauvaise idée ! Sauf que… Sauf que ! J’ai découvert que la boutique Emirares n’était effectivement pas au 140, mais à l’autre bout du Boulevard, pas très loin de la plage ! Journée royale oblige, c’est fermé, mais j’y retournerai vendredi !

Je rentre donc plus tranquillement que je n’étais parti, avec l’espoir de vider une bouteille de Coca et de m’avachir sur mon lit. Mais ce programme sera chamboulé car une très bonne nouvelle m’attend en rentrant : Cath a accouché et Lyna vient d’avoir la petite sœur qu’elle attendait déjà depuis pas mal de temps ! Alors Kim, laisse-moi te dire que la nouvelle de ta naissance a fait un sacré chemin ! Pas moins de 3 continents en une heure : de la France à la Chine, pour prévenir Ma qui s’impatientait elle aussi, puis de la Chine à la France et de la France au Maroc ( mon portable ayant un petit problème avec les appels lointains, c’est Isabelle qui arrive à me joindre, suivie par Ma, dont je suis ravi d’entendre la voix dans autre chose qu’un casque tout grésillant ! ). En plus de ça, tu auras ton jour férié… au Maroc ! C’est pas cool ça ?

Après cette bonne nouvelle, je finis la journée par une grande première : le cinéma ! Un endroit assez surréaliste, puisqu’ici on ne fait pas dans la demi mesure quand on va au cinéma. Parking de 8 étages, 20 salles, un son de ouf… Le son, parlons du son ! Après 30 minutes de débat, on opte pour HULK, qui fait [presque] l’unanimité. J’avais juste mis mon véto aux films berbères sous-titrés en arabe, mais à part ça j’étais ouvert à toute proposition. Seul problème : de même que quand il y a la clim dans le train, il fait 10 degré, quand il y a du son au ciné, c’est pire qu’un concert de ACDC, et avec la bande son de Hulk, ça devient presque insupportable. Ca avait bien commencé pourtant : l’énorme bande noire qui barrait l’écran en 2 avait fini par disparaitre à la fin des bandes-annonces, le film est le bon ( des fois ils se trompent ), et il est en français. Mais au bout de 5 minutes, le volume augmente, dangereusement. Tout le monde se regarde, mais personne ne peut rien faire. Et du coup chacun décide de prendre sur soi, et sort de la salle avec un bourdonnement dans les oreilles. Mais je dois dire que le cinéma au Maroc, c’est plutôt pas mal ! De quoi finir une journée riche en évènements ;)

Bon, et puis je crois que le roi ne m’en voudra pas trop, cet article est dédié à Kim, bien sûr !

J'ai Rêvé d'Un Autre Monde

En relisant quelques articles, outre les fautes d’orthographes qui sont assez nombreuses ( et que je vais m’empresser de corriger ), je me suis rendu compte pour être tout à fait honnête, que j’étais très, voire trop critique envers le Maroc. C’est vrai que c’est facile de se moquer, et des fois, franchement, il y a de quoi ! Mais le Maroc, et Casa en particulier, renferment aussi des petites perles que l’on aimerait bien emporter dans ses valises si Jet 4 You ne faisait pas payer 12 € le kilo supplémentaire… Voici donc le top de la semaine, et cette semaine, c’est les 10 choses dont la France devrait s’inspirer ici.

Number 10 : Les téléboutiques. Plus humaines, plus conviviales et moins venteuses que de simples cabines téléphoniques, la téléboutique est au Maroc ce les Avenues Charles de Gaulle sont à la France, un vrai symbole ! A tous les coins de rue, le petit téléphone bleu clignotant, vous indique que vous pouvez téléphoner pour moins cher qu’à partir de votre portable, et que le gars à l’intérieur peut aussi vous faire de la monnaie ( et c’est souvent TRES utile ! ). Celle d’en bas est particulièrement accueillante : c’est son proprio qui m’a aidé à mettre la puce Maroc Telecom dans mon portable, et qui me dit bonjour tous les jours quand je descends. Spéciale dédicace !

Number 9 : Les petites annonces de la presse marocaine. Ca c’est ENORME ! Que dis-je ?
Gigantesque ! Elles se trouvent à la fin des journaux ou des magasines, et en disent long sur la relation homme-femme ici.. Quelques extraits, juste pour rire : ça va de « Belle jeune fille recherche jeune homme en vue du mariage » ( très court, très clair ) à « Jeune fille de 39 ans de Rabat indépendante et très croyante, sérieuse et honnête recherche homme du même calibre en vue du mariage, dans le respect du cadre mutuel ». Le « en vue du mariage » est une constante absolue dans les petites annonces. Et personne ne sait si c’est pour la forme ou si c’est sincère. On a même trouvé des gens qui cherchaient une âme sœur portant le même nom de famille, histoire de s’épargner ledit mariage, peut être… Les petites annonces, c’est donc le moyen de se payer un bon fou rire !

Number 8 : Les épiceries. Pas besoin d’une démonstration de 15 pages, les épiceries me nourrissent, m’abreuvent, et m’approvisionnent depuis un mois ! Et d’ailleurs c’était le top de la semaine dernière !

Number 7 : Le prix des journaux. Quand, comme moi, on fait un stage où je le fais, et quand, comme moi, on se fait ch… de 8h30 à 16h30, il faut bien s’occuper. Heureusement, les journaux sont là ! Et l’avantage, c’est qu’ils ne coutent pas cher : 5 dirham pour les journaux marocains ( éviter ceux écrits en arabe, c’est pas très pratique..), 10 dh pour Le Monde. 30 % moins cher qu’en France, c’est pas mal ! D’ailleurs, la deuxième dédicace de l’article sera pour le gars qui vend les journaux devant la banque et qui me tape la discute tous les matin ( c’est à cause de lui si je suis en retard, je vous le jure ! ).

Number 6 : Les mosquées. Et oui, pour une simple et bonne raison, elles permettent d’économiser de l’électricité en se passant de radioréveil ! Même si l’environnement n’est pas la première chose à laquelle on pense quand on se fait réveiller par le muezzin à 6heures…

Number 5 : Les cybercafés. C’est eux qui me permettent de rester connecté au monde, étant privé de wifi au bureau et « à la maison ». Un peu moins nombreux que les téléboutiques, les cybercafés quadrillent pourtant Casa de long en large et en travers ! Celui que je squatte quasiment tous les jours est à mi chemin entre la banque et l’appart, et quand la fille me voit arriver, elle sait que le micro et la webcam ont intérêt à fonctionner correctement ! Normal, c’est le moment privilégié de la journée que je passe avec Ma ;)

Number 4 : La Fête du Trône. C’était hier, et c’est férié ! Raison de plus pour adorer le roi, dont le visage a fleuri à tous les coins de rue depuis le début de la semaine ! Et vas y que je te montre M6 en habits traditionnels, M6 sur le trone, M6 sur son jetski ( oui oui ! ), le tout dans une explosion de drapeaux rouges et verts… On va pas se plaindre, c’est grâce à lui que j’ai pu dormir un peu plus longtemps que d’habitude hier !

Number 3 : Le souk à la sortie de Casa. Bon, j’ai oublié son nom, presque imprononçable… Ca n’empêche que c’est un de mes endroits préférés ici, un endroit où on trouve de tout, du motoculteur au verrou, en passant par les chemises ou les chargeurs de portables. C’est magique, on dirait une brocante géante, un Carrefour en plein air, un mélange entre le souk et la braderie de Lille…
Number 2 : « Rouyah ». « Rouyah », c’est toute une histoire, que je vais m’empresser de vous raconter. Quand vous voulez demander quelque chose à quelqu’un, dans la rue ou ailleurs, chaque phrase commence généralement par Rouyah ( il faut faire venir le « r » du fond de la gorge, ce que je ne sais pas encore faire). Du genre « Rouyah, où se trouve l’avenue des palmiers ? », ou « rouyah, est ce que tu peux surveiller ma voiture pendant que je vais faire mes courses ? ». Traduction facile, ça doit vouloir dire « S’il vous plait », ou quelque chose comme ça. Tout content d’avoir appris un nouveau mot, je m’empresse de le tester à la téléboutique d’en bas. Le mec à l’air surpris, mais content. Deuxième tentative au chauffeur de taxi du matin, un peu plus interloqué. En arrivant au bureau, je raconte à Karim que j’ai testé un nouveau mot ce matin : « Tu sais, Rouyah, ça veut dire s’il te plait non ? »… « Euh, non, ça veut dire Mon frère, ils ont du être surpris si tu leur as dit ça ! ». Effectivement, je comprends maintenant ! L’avantage de Rouyah, quand ça passe, c’est que ça crée une proximité immédiate entre les gens, et ça c’est plutôt sympa. Ils auraient pu me prévenir quand même… !
Number 1 : Les auto-écoles marocaines. Numéro un pour deux raisons : ici, c’est beaucoup moins cher, et beaucoup plus rapide d’avoir son permis. Alors certes, on ne sait pas conduire à l’obtention du petit papier rose, mais on sait faire démarrer sa voiture, et ça c’est l’essentiel ! Il faut le voir pour le croire : l’examen consiste en une marche arrière, un aller retour entre deux plots espacés de 10 mètres, et 1200 dirham ( 100 euros…). Leur terrain d’entrainement est au coin de la rue, donc tous les jours je peux admirer le bordel d’auto écoles qui se croisent dans tous les sens en manquant d’arracher l’aile du voisin. Autre point positif pour les moins confiants : ici, il y a deux volants !

lundi 28 juillet 2008

I Bet You Look Good On The Dancefloor

Charia oblige, les rues du centre de Casablanca ne sont pas jonchées de bars ou de pubs à la mode. A peine quelques brasseries clandestines du coté de la Medina, et quelque épiceries, qui vendent de l’alcool dissimulé derrière des barils de lessive. Le quartier branché, est à quelques kilomètres d’ici, sur ce qu’on appelle la corniche, la route qui paradoxalement, mène à la plus grande mosquée d’Afrique… Quand je dis quartier branché, ça veut dire en réalité quartier fréquenté exclusivement pas les X5 et les Q7, et où vont se défouler les jeunes marocains [très] aisés, en manque de house, de vodka et de filles ( et quand je dis en manque, ça veut bien dire ce que ça veut dire ! ). C’est beau, ça clignote, ça klaxonne, mais c’est donc pas forcement l’endroit où on passe un bon moment, tranquillement avec des amis.

Pour ça, il existe une autre adresse, devenue mythique ( en tous cas pour moi ), et qui fait parti, de loin, de mes endroits préférés de Casa. Charia oblige donc, ce n’est pas marocain, mais espagnol : la Bodega, juste derrière le Golden Tulipe ( l’hôtel qui a explosé en 2003 ). On a beau ne pas être sur la corniche, l’endroit est sensible, et la présence policière renforcée. Ca n’empêche qu’il reste un endroit super sympa, où on peut manger un morceau, boire un verre ou danser un peu ( un peu, car ils ne passent pas les Daft Punk).

Le resto, à lui tout seul, vaut le détour : il n’est franchement pas « onéreux », et sert des trucs que je n’ai jamais mangé ( mais qui dans la plupart des cas, ne sont pas marocains ). J’opte généralement pour les croquettes de poulet, et me gave d’olives et de pain avant même d’être assis. L’ambiance est un peu tamisée, et dans les 4 coins de la pièce, des écrans plats passent en boucle des images un peu psychédéliques qui aident à la digestion, et auxquels on reste généralement scotchés. Ca ne parle que français, espagnol ou anglais, et dans la plupart des cas, les gens sont cools.

Vendredi soir par exemple, je suis tombé sur un gars juste à coté de moi que j’entendais parler anglais. Dans l’espoir d’établir le contact avec un sujet de Sa Majesté, je lui lance un « hi », mélange de « salut-bienvenu-ahh, t’es anglais-j’aime bien l’Angleterre » (évidemment, je me suis assuré avant que mon « hi » ne pouvait pas être interprété autrement). Manque de bol, le gars me répond en français ( normal, il est français ), et m’explique qu’il travaille dans l’aviation d’affaire et que son collègue ( qui à l’air d’un californien qui revient de la plage ), est italien. Ils reviennent de Beytouth, et repartent en Russie le lendemain, ça à l’air assez cool comme métier, surtout quand ta boite te paye les 3 cocktails que tu es en train de siroter… On discute quelques minutes, puis je lui demande qui il transporte en général, dans ses avions dont il me fait comprendre que je ne verrai jamais la couleur, même en rêve… « Ahh ben ça dépend, des acteurs, des industriels… ». « Des politiques ? » ( je vais peut être dénicher le nouveau scandale politico financier de l’année, la question d’après étant « qui paye les billets d’avion ? » ). Et là, le gars me répond, sans broncher, sans même un petit sourire en coin que je n’aurais pas pu cacher, « Oui, Tony Blair ». Tony Blair ! La grande classe, ce mec a eu entre les mains la vie de l’homme que je vénère autant que les marocains vénèrent le roi… Bodega c’était bien, à cet instant précis, ça devient extraordinaire.

Ce gars en question n’y est pas la seule attraction : j’ai parlé du resto au rez-de-chaussée, mais pas du bar au sous sol, dont le plafond est tapissé de drapeaux, et les murs d’affiches de concert ( on dirait ma chambre..). La musique y est vraiment pas mal ( j’ai envie de dire que quand on écoute radio2M toute la journée, tout devient vraiment pas mal, mais là, c’est VRAIMENT pas mal ), en particulier le jeudi soir où ils ne passent qu’une seule fois Magic System. Oui, c’est l’autre inconvénient de la musique au Maroc : quand on aime bien quelque chose, on le repasse jusqu’à s’en lasser, et des fois ça vient très vite ! Il y a principalement deux radio musicales au Maroc : HitRadio (« Numéro 1 au Maroc ) et Radio2M (« Numéro 1 au Maroc pour les hits », la différence est très subtile mais elle existe ! ), dont les programmations sont exactement les mêmes à 6 minutes d’intervalle. Magic System succède à Laurent Wolf, qui succède à David Vandetta (pis de sol-férino-pharyngite…… ;) ), qui succède à la pub, qui succède à Magic System…

Ce qu’il y a d’original à Bodega, c’est qu’en plus de la musique, un gars joue du tam tam, et la rend du coup un peu plus exotique. C’est parfois assez bluffant, et souvent original. Et même que pour 30 dh, il vient jouer à côté de votre table ! Enfin une table, quand on arrive à en trouver une, parce que du mercredi au vendredi, le gars au tam-tam fait tellement fureur, que même l’entrée est une épreuve. Une fois à l’intérieur, il faut se frayer un chemin dans l’escalier qui mène au sous sol, en bas duquel des serveurs vous attendent avec de petits palm pour prendre la commande, un peu comme au Starbucks ! Je n’y passe pas ma vie, mais on y est allé assez souvent pour que le même serveur ( Nouredine en l’occurrence ), se précipite vers nous pour nous demander ce qu’on veut. Même quand on ne veut rien…

Bodega, c’est donc plus cool, moins décomplexé, moins exubérant que la corniche. Ca n’empêche qu’on peut y croiser des spécimens assez intéressants, parmi lesquels des clubbers parisiens qui n’ont pas compris qu’au Maroc, c’est pas la peine de faire d’UV , ou des gars un peu coincés qui se sont sentis obligés de sortir leur plus belle cravate.

Parlons un peu des clubbers parisiens, eux valent le détour ! C’était un mardi, et ils avaient consciencieusement choisi leur jour pour venir : le plus chaud de la semaine, en se disant qu’après une journée de plage, rien de mieux qu’une soirée dans un bar à la mode. Ils auraient aimé que la musique s’arrête à leur descente des marches, mais on est pas à Cannes. Du coup il faut frapper vite et fort : en 4 minutes, le dancefloor est monopolisé, la sangria qu’ils se sont fait offerte au bar s’invite sur les chemises des gens qui ont eu le malheur de s’approcher trop près. Bien sur, elle épargne leur slim noir, et leur chemise blanche ouverte jusqu’au 4ème bouton, simple histoire de dosage ! Mais ça, c’est le début. La suite c’est de l’impro totale, pour le plus grand bonheur de ceux qui vont devoir laver leurs T shirt au Tide ce soir : au bout d’un quart d’heure de chorée enflammée, la température s’élève, dangereusement. Des goutes commencent à perler sur leurs visages, Menen™ ne fait plus effet, Ben et Steven n’en peuvent plus, ils sont trempés. Survient la scène la plus drôle de la soirée : ne pouvant pas s’essuyer avec leurs chemises, ils demandent des serviettes au serveur et commencent à s’éponger le visage, toujours en plein milieu de la piste de danse. Comme ce n’est pas suffisant ( sans blagues ! ), ils ont une idée lumineuse, utiliser la serviette qui entoure une bouteille de vin posée à deux tables de là. Discrètement, ils se décalent vers la droite, et s’essuient comme si ils sortaient de la douche. C’était sans compter sur les propriétaires de ladite bouteille, qui n’apprécient pas trop que deux gars tout transpirants viennent s’éponger les cheveux à 30 cm d’eux. Humiliés, Ben et Steven leur rendent, et s’en vont en se faisant traiter de porcs… Et ici, croyez moi, se faire traiter de porc, c’est pas la classe !

Goodbye Stranger

Si il est un endroit du Maroc qui n’est pas [trop] dépaysant, c’est bien la route. Bizarre allez vous me dire, après tout ce que j’ai raconté sur mes mésaventures de l’autoroute, le bazar permanent des grandes avenues de Casa, ou le danger qui surgit à chaque coin de rue sous la forme d’un taxi fou ou d’un scooter suicidaire… Et pourtant, c’est généralement sur la route qu’on se rend compte qu’au final, l’Europe, et la France, ne sont pas si loin. Il suffit de compter le nombre de plaques d’immatriculations françaises, espagnoles ou italiennes que l’on croise au péage, le long de la plage, au feu rouge. Les français sont partout, et sont visibles. Quand je dis français, je devrais plutôt dire français d’origine marocaine, car c’est bien d’eux dont il s’agit, les touristes n’ayant pas de racines au Maroc préférant l’avion. D’où une interrogation persistante : comment ces franco-marocains, si facilement reconnaissables ( à leur plaque d’immatriculation mais pas seulement ), sont ils perçus ici ?

Si j’avais pu prévoir la violence de la réponse, je me serais bien gardé de la poser. J’avais déjà remarqué, à l’aéroport notamment, à quel point le regard porté sur ces marocains de l’étranger ( les fameux « MRE » ), était teinté de curiosité, d’incompréhension et de méfiance. Mais à ce point, je ne l’aurais jamais imaginé. J’en ai pris conscience pour la première fois à la cantine, quand un gars très sympa s’est mis à discuter avec moi, de tout et de rien, et notamment de la manière dont sont perçus les émigrés. Fils d’un chauffeur de taxi, dont tous les frères et sœur ont réussi dans la vie, lui travaillant dans une banque, on ne peut donc pas l’accuser de jalousie. Il n’attaque pas les marocains partis en France pour travailler ( les premiers, dans les années 50 et 60 ), mais leurs enfants, qui « n’ont jamais fait l’effort de s’intégrer là bas et qui reviennent ici en été pour étaler leur argent ». Et ça, c’est pour le plus soft. Il m’explique que les émigrés « de la troisième génération » n’ont plus aucun lien avec le Maroc, et que dans quelques années, ils ne pourront plus revenir parce qu’ils ne connaitront plus personne, ni les amis, ni les voisins, en plus ils ne parlent même pas un « vrai » arabe. Je réalise à ce moment là que les franco-marocains peinent encore plus à faire leur place ici, qu’en France. Il est tout à fait au courant que les conditions de vie « dans [nos] banlieues sont difficiles, mais pas plus que dans les bidonvilles qu’ici : ils ont tout ce qui leur faut, de l’argent, des voitures, l’école, et n’en sont pas reconnaissants. C’est honteux qu’ils sifflent la Marseillaise, c’est leur hymne quand même ! ». La fin de la conversation est encore plus explicite : il me dit très clairement que ce sont tous des « voleurs » et des « fumeurs de shit » qui viennent dépenser l’argent de la drogue pendant l’été « comme si c’était des rois »…
Bon, peut être qu’il y va un peu fort… Le problème, c’est que tout le monde y va un peu fort ! On passe très vite du statut de MRE, à celui d’étranger, et quand on est immatriculé en France, il vaut mieux ne pas caler au feu rouge ! Je profite d’une discussion avec Amine, un copain de Anass qui vient du lycée Français d’Agadir, pour confirmer, ou infirmer ( soyons optimistes ! ), cette impression. « C’est des racailles, ils ne foutent rien de leur journée dans leurs cités et se la ramènent quand ils rentrent ici, mais ils devraient avoir honte de leur condition ». Pas sur qu’il n’y ait pas un peu de mauvaise foi là dedans, mais en tous cas ça a le mérite d’être clair. Anass me dit plus ou moins la même chose : « T’imagine, ils roulent en BM et traitent les marocains comme de la merde, alors qu’en France ils sont quoi au mieux, éboueurs, un truc comme ça ? ». Et là je dois dire qu’il y a un peu de vrai dans le milieu de sa phrase : la manière dont les jeunes en particulier, considèrent les épiciers, les gardiens de voitures, les filles, est complètement incroyable. C’est au mieux, condescendant, au pire, ultra violent, comme ce week-end sur la plage, ou un gars ( français ), a foutu un pain à un vendeur de glace parce qu’il ne s’était pas arrêté pour lui en vendre…Le pire, c’est qu’on ne peut pas soupçonner tous ces marocains, plutôt voire ultra favorisés, d’une quelconque rancœur, ou d’une quelconque jalousie. Imaginez alors ce qu’en pensent ceux qui font la manche au feu rouge, ce qui n’ont jamais mis les pieds dans un lycée français, et qui ne voient pas d’autre horizon que le détroit de Gibraltar ? Difficilement tenable comme situation. Pas besoin de réfléchir longtemps pour se rendre compte que dans l’histoire, tout le monde est perdant, ceux qui font la manche au feu rouge, comme ceux qui n’ont leur place ni en France, ni ici, mais dont les premiers aimeraient bien prendre la place. Du coup, quand je vois une voiture française au feu rouge, je leur fais un sourire, c’est sur qu’ils en aient beaucoup sur la route…

vendredi 25 juillet 2008

L'Appétit du Bonheur


Et oui, le Maroc aussi est tombé sous le charme !

Je précise que comme on pouvait s'y attendre, c'est un restaurant ;)

Hot Fuss

Je n’en peux plus, cette fois c’est décidé, je vais au hammam ! J’ai dit ça toute la semaine, mais aujourd’hui, c’est le jour ou jamais ! Malgré tout ce qu’on m’en a dit, et malgré tout ce que je peux imaginer, la peur de « plonger » dans l’inconnu n’est pas grand-chose à côté du choc thermique, maintenant quotidien, de la douche à l’eau froide ! Pour ne pas risquer d’arriver dans l’endroit le plus glauque de Casa, j’avais demandé si les stagiaires avaient des bon plans pour touristes ! Direction donc le Hammam Ziani, qui par bonheur, ferme à 22 heures ! Comme on peut s’en douter, un mois de filet d’eau froide sur la tronche avaient éveillé en moi un espoir certain, celui d’un moment de détente sous la douche, et la sensation d’être enfin frais ( je ne dis pas « propre », parce que malgré tout, je le suis ! ).

Comme le fonctionnement du hammam m’est encore étranger, je re-demande 15 fois comment sa se passe, histoire de ne pas plonger dans de l’eau bouillante, ou de me rincer les pieds dans de l’huile essentiel ( on sait jamais, ça peut arriver ! ). Première bonne nouvelle, il a l’air d’être super clean, et le mec à l’accueil parle français ! A 100 dh le massage, on repassera, en revanche le gommage-savonnage ne coute que 20 dh, c’est parti ! Vêtu d’un magnifique pagne bleu ( et d’un maillot de bain, parce que je n’ai pas complètement confiance dans la petite ficelle censée le tenir…), j’entre donc dans le hammam.

Comme je pouvais m’y attendre, c’est moite, très moite ! Mauvaise nouvelle : je n’y suis pas encore en fait, ce n’est qu’un sas, ça veut dire qu’il fera encore plus chaud, youpi ! Je pousse une petite porte vitrée derrière laquelle j’entend un jet de vapeur sous pression, respire une derrière fois de l’air relativement frais, et je vais m’assoir le plus bas possible. En fait c’est très supportable une fois qu’on à réalisé que derrière la porte se trouvent des douches avec de l’eau fraiche. En moins de 30 secondes, je deviens tout rouge, et des petites gouttelettes me coulent le long du dos. Ca peut paraitre assez peu agréable, mais en fait ça l’est ! J’ai beau être dans l’état d’un gars qui vient de courir 20 km avec un sac sur le dos dans la forêt équatoriale, pour la première fois depuis longtemps, je me détends en pensant à cette douche qui m’attend… Les petites goutes se transforment en grosses gouttes, qui me coulent le long du front, dans le dos, partout. L’odeur d’eucalyptus me dégage les sinus, qui prennent cher chaque jour. Il fait 57 degrés au thermomètre, l’humidité doit approcher les 95 %, à peu près le temps qu’il devait faire chez Ingrid Bétancourt et ses amis… Tu m’étonnes qu’elle ne veuille plus y remettre les pieds !

Après 5 minutes, je ne tiens plus et je vais prendre une douche. Puis vient le moment du gommage… Je ne sais pas exactement ce que c’est mais je ne vais pas tarder à le savoir. En fait c’est assez simple : un gars avec un gant en crin te frotte jusqu’à ce que tu devienne tout rouge et que tu ai l’impression de respirer par le dos ( oui, c’est une sensation assez spéciale ! ). Les 30 premières secondes, tout se passe bien. Puis vient le douloureux moment des jambes, qui chez moi, sont recouvertes d’un petit coup de soleil. J’hurle dès qu’il commence à frotter, et tout le monde se met à rire ( enfin quand je dis « tout le monde », tout Casa ne m’a quand même pas accompagné au hammam ). Il finit donc en douceur, et me savonnent les bras, les jambes… et le dos. Le problème c’est que je suis installé sur un genre de planche, devenue glissante, TRES glissante. J’essaye de me retourner, et paf ! Ma jambe glisse et je me retrouve à moitié par terre, la main agrippée à une rampe qui par hasard se trouve là… Je décide de ne plus rien tenter d’excentrique, et retourne sous la douche, ou je reste au moins 25 minutes. On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve, alors autant en profiter !

Le hammam, c’est donc plutôt cool, et tout ça pour la modique somme de 55 dh ! Je me paye même le luxe de m’acheter une Fayrouz à la poire sur le chemin du retour, étant propre, mais complètement déshydraté !

Brain Damage

Voila un mois que je suis ici, je commence logiquement à avoir mes petites habitudes, mes repères, mes reflexes. Le serveur du Mc Do sait que je viens pour finir ma collection de verres, le gars de la téléboutique d’en bas sait que je ne mange pas de bonbons à la fraise, celui de Pomme de Pain, que je préfère le sandwich aux rillettes de canard, et j’ai même droits à des réducs au pressing parce que je suis « gentil », la grande classe ! Rien de tel pour découvrir une ville que de n’avoir pas d’autres choix que l’explorer. On commence à devenir des pros dans ce domaine d’ailleurs !

J’ai vraiment pris conscience de tout ça quand m’assoir devant la télé pour voir ce qu’il s’y passe est devenu une habitude… En vacances, on a généralement le choix entre deux chaines : TV5 Monde pour regarder le JT de la RTBF, ou CNN. Dans le meilleur des cas, et c’est exceptionnel, on a aussi le choix entre France 4 ou BFMTV ( et qui dit « exceptionnel » dit « moments exceptionnels » devant Dominique de Villepin ou « Un gars une fille ». Moment, c’est bien le mot ( private joke pour Andélis ! ) ). Ici, c’est pas les paraboles qui manquent, mais n’ayant pas eu le temps ni l’envie d’aller acheter un décodeur piraté, la petite télé ne reçoit que 2M, la chaine publique marocaine, et pour notre plus grand plaisir ! 2M, c’est une vraie perle, un concentré du Maroc ultra moderne et ultra traditionnel, ce qui d’ailleurs, n’est pas toujours sans conséquences sur les capacités cérébrales du téléspectateur… Voici le top 10 de ce qu’il ne faut pas manquer sur 2M :

Number 10 : Le téléfilm mexicain doublé en arabe. C’est une tradition ici, les vieux téléfilms de merde, du type « Les feux de l’amour » ( dans sa version écourtée pour éviter les obscénités ), ou « Days of Our Lives », sont soit égyptiens, soit mexicains. Dans les deux cas, c’est pire que ridicule : en particulier les effets spéciaux, qui sont en fait des scènes tournées au ralenti. J’ai beau ne pas parler un mot d’arabe, généralement je comprends tout, et tout ça grâce à la petite musique dramatique qui signale les scènes clés ! Signe particulier : dans toutes ces scènes, il y a un gars qui ne sert à rien, personne ne sait si il était dans le champ au moment du tournage, ou si c’est un fil rouge au cours des épisodes, mais en tous cas il est là !

Number 9 : Les pubs pour les opérateurs téléphoniques. C’est un vrai matraquage, et il peut en avoir jusqu’à 10 par coupure publicitaire. Au Maroc, ils sont 3 ( Maroc Telecom, Meditel, et Wana ), et on les voit absolument partout, en particulier donc, à la tété. C’est tellement énervant, qu’on a envie de leur donner de l’argent rien que pour s’épargner les pubs débiles pour les 12 heures offertes par Méditel, le doublement du crédit de Maroc Telecom, ou le deuxième portable gratuit de Wana. Et je ne parle des soirées qu’ils organisent, encore moins de leurs tournées des plages…

Number 8 : Studio 2M. C’est la Star Ac marocaine, et ce week-end c’est la finale ! L’originalité de Studio 2M, c’est qu’en plus d’une quotidienne, et du prime ( ben oui, ici aussi ça marche comme ça ), c’est aussi une émission de radio ( Radio 2M, évidemment ), histoire de l’avoir en stéréo le samedi soir !

Number 7 : Les films américains censurés. 2M, c’est un peu le Canal+ marocain, la seule chaine qui diffusent des films plus ou moins récents, et en majorité américains. J’ai déjà eu l’occasion de voir La Guerre des Mondes et pas mal d’autres. Curieusement ils sont tous plus courts que leurs versions originales. Pourquoi ? Parce que dès qu’un baiser dure un peu longtemps, couic ! Et d’ailleurs, que ce soit des films de Ben Styler ou d’Orlando Bloom, ils sont toujours interdits aux moins de 12 ans, par prévention ! Ici par exemple, la version 2M de Titanic dure 2h30, et Leonardo di Caprio et Kate Winsley sont cousins… Non, ça je déconne !

Number 6 : La pub pour la BMCE. Elle n’est pas forcement plus intelligente que les autres, mais les images sont plutôt belles, et surtout, j’adore la musique, « Where do We Go » de Sandrine. Celle qui rend joyeux et nostalgique à la fois ;)

Number 5 : le concours Pespi Tecktonik. Ca c’est énorme, et ça confirme, si on ne le savait pas encore, que la Tecktonik a bien traversé la Méditerranée. C’est un peu une Star Ac pour danseurs de tecktonik, avec tout le gel, le noir et le rose qui vont avec ! Pour Mehdi, votez 1, Amin votez 2, et Karim, votez 3. Pour ceux qui ne regardent pas la télé, et qui n’ont pas la chance de voir la petite chorée de 30 secondes à chaque page de pub, des petits camions Pepsi sillonnent tout Casa, histoire de rappeler à tout le monde que la danse du ventre a du souci à se faire…

Number 4 : L’Envoyé Special marocain. Alors ça, c’est vachement intéressant : les thèmes d’Envoyé Spécial, avec le ton de Capital ! J’en ai vu qu’un, mais qui m’a marqué. C’est là que j’ai appris que si la télé marocaine est très à cheval sur la censure dans les films, elle l’est en revanche beaucoup moins sur la pudeur dans ses émissions. Premier reportage : les pompiers. Et vas y que je te montre des corps calcinés, ou un cadavre tombé dans un égout. Deuxième reportage : les urgences. Cette fois, c’est un gars qui arrive sans ses pieds : il les a perdus après avoir arraché la main d’un second, qui convoitait la même femme que lui.

Number 3 : les reportages de National Geographic. Le matin sur 2M, c’est pédagogique, j’ai eu l’occasion de m’en rendre compte quand je n’avais pas encore commencé mon stage et que j’avais la belle vie. A 9h, c’est « C’est Pas Sorcier », puis à 9h30, un reportage du National Geographic de la BBC World. Le meilleur reportage animalier que je n’ai jamais vu, et je suis vachement sérieux ! C’est là que j’ai appris que le requin marteau était le seul animal, avec l’homme, qui bronze, que le flamant rose habite sur des lacs d’acide, ou que le plus grand ennemi du gnou, est le gnou… Vachement bien je vous dit !

Number 2 : Le journal télévisé. Très intéressant, car à la fois en arabe et en français. C’est l’occasion d’apprendre quelques mots tout en s’informant. Il faut savoir également que le JT est TOUJOURS optimiste, et que tout va TOUJOURS bien au Maroc. Il commence TOUJOURS de la même façon : « Sa majesté le Roi Mohammed VI a inauguré … ou Sa Majesté le Roi Mohammed VI a lancé le nouveau chantier de modernisation de… ». Jamais de mauvaise nouvelle, jamais de drame, jamais d’imprévu, c’est fort ! Tout le monde me fait remarquer, ceci dit, que Mohammed VI n’a rien à envier à notre président quant à sa présence médiatique. Et ils n’ont pas complètement tort !

Number 1 : La campagne de sensibilisation aux accidents de la route. C’est pas du superflu ici, où c’est la loi du plus fort qui fait office de code de la route ! En un mois, je me suis pris une mobylette sur les genoux, on a failli écraser une dame qui traversait, et se prendre un mouton qui marchait sur la bande d’arrêt d’urgence… J’ai été bluffé par le spot de pub qui passe depuis peu après le journal. La mise en scène est plutôt bien faite : des conducteurs enfilent une cagoule, et foncent vers des piétons qui traversent, ou sont assis à une terrasse de café, le tout au ralenti et avec de la musique qui fout les boules. « Vous venez de voir 10 homicides causés par des conducteurs imprudents ou inconscients. 10, c’est le nombre de tués chaque jour sur les routes au Maroc ». Un seul problème : c’est pas parce qu’on a une voiture qu’on a la télé…